Indice ILAT : tout comprendre sur l’indice des loyers des activités tertiaires en 2026
Je me souviens encore de cette réunion avec Thomas, un ami entrepreneur qui gère plusieurs bureaux en région parisienne. On était attablés autour d’un café — le genre de café qu’on sent même avant de le voir — et il me regardait avec cet air perdu que je connais bien… Il venait de recevoir un avenant à son bail commercial et ne comprenait pas pourquoi son loyer avait bougé. La réponse tenait en quatre lettres : indice ILAT. Ce jour-là, on a passé deux heures à décortiquer le truc ensemble. Aujourd’hui, c’est pour toi que je l’explique.
Parce que l’indice des loyers des activités tertiaires, ça touche énormément de monde — des TPE aux grands groupes — et pourtant c’est encore méconnu. Alors accroche-toi, on plonge dedans !
C’est quoi exactement l’indice ILAT ?
L’ILAT, pour Indice des Loyers des Activités Tertiaires, c’est un indice de référence créé en 2011 par l’INSEE. Il sert à encadrer la révision des loyers dans les baux portant sur des locaux à usage de bureaux, d’entrepôts ou d’activités tertiaires non commerciales. En gros, si tu loues des bureaux pour ton entreprise, c’est cet indice qui détermine si — et de combien — ton loyer peut évoluer.
Ce n’est pas anodin. Avant sa création, on utilisait souvent l’ICC (Indice du Coût de la Construction) pour ce type de baux, ce qui provoquait parfois des variations assez brutales et décorrélées de la réalité économique du secteur tertiaire. L’ILAT a été pensé pour être plus représentatif.
Comment est-il calculé ?
L’indice ILAT repose sur une formule composite. Il intègre trois composantes pondérées :
- 50% de l’indice des prix à la consommation (hors tabac et loyers), qui capte l’inflation générale ;
- 25% de l’indice du coût de la construction (ICC), qui reflète le coût du bâtiment ;
- 25% du PIB marchand en valeur, qui représente la santé économique du secteur tertiaire.
Cette pondération est assez intéressante je trouve. En intégrant le PIB, l’ILAT rend les révisions de loyer plus sensibles à l’activité économique réelle. En période de récession, ça peut jouer en faveur du locataire. En période de croissance… bah, le bailleur en profite aussi. C’est l’équilibre voulu par le législateur.
Fait random mais fascinant : la base 100 de l’ILAT a été fixée au 1er trimestre 2010. C’est ce qui permet de mesurer toutes les évolutions depuis lors .
Quelle est la valeur de l’ILAT en 2026 ?
Les dernières données publiées par l’INSEE — pour le troisième trimestre 2025 — montrent une légère baisse de 0,04 % sur un an. C’est presque symbolique comme variation, mais ça mérite attention. Après des années de tensions inflationnistes qui avaient fait bondir l’indice, cette stabilisation est un signal positif pour les preneurs à bail.
Pour 2026, les premières tendances montrent une relative stabilité, dans un contexte où l’inflation se modère progressivement. Bien sûr, je te recommande toujours de vérifier les dernières valeurs directement sur le site de l’INSEE — les publications sont trimestrielles et gratuitement accessibles.
Tableau indicatif des dernières valeurs ILAT
- T1 2024 : environ 131,84
- T2 2024 : environ 131,96
- T3 2024 : environ 131,71
- T4 2024 : environ 131,68
- T3 2025 : baisse de 0,04% sur un an (source INSEE)
Ces chiffres sont donnés à titre indicatif. La source officielle reste l’INSEE, toujours.
Qui est concerné par l’indice ILAT ?
Bonne question. L’ILAT s’applique aux baux portant sur des locaux tertiaires, c’est-à-dire principalement :
- Les bureaux ;
- Les entrepôts logistiques ;
- Les activités de services non commerciales (cabinets médicaux, études notariales, etc.).
Il ne s’applique pas aux baux commerciaux classiques — pour ceux-là, c’est l’ILC (Indice des Loyers Commerciaux) qui prévaut. Et attention à ne pas confondre non plus avec l’ICC, qui reste parfois utilisé pour certains baux anciens. Si tu veux approfondir cette distinction, j’ai déjà traité la question de l’indice du coût de la construction dans les baux commerciaux, c’est un bon complément de lecture.
Comment s’applique la révision de loyer avec l’ILAT ?
La révision annuelle du loyer s’effectue via une clause d’indexation insérée dans le bail. La formule classique est la suivante :
Nouveau loyer = Loyer actuel × (ILAT nouveau / ILAT de référence)
Le loyer de référence est généralement l’ILAT du trimestre correspondant à la prise d’effet du bail ou à la dernière révision. C’est cette mécanique qui peut faire varier ton loyer à la hausse comme à la baisse — et en période de baisse de l’indice, comme c’est le cas en ce moment, le locataire peut théoriquement réclamer une révision à la baisse !
Thomas, mon ami d’intro, il le savait pas… et il avait payé trop cher pendant plusieurs mois. Un bailleur de bonne foi corrigera. Un autre… moins.
ILAT vs ILC vs ICC : les différences clés
Ça mérite un petit récap, parce que la confusion est fréquente :
- ILAT : baux tertiaires (bureaux, entrepôts…) ;
- ILC : baux commerciaux (commerces de détail, restauration…) ;
- ICC : utilisé historiquement, encore valable pour certains baux anciens mais de moins en moins recommandé par les experts.
Si tu es propriétaire d’un bien et que tu te poses des questions sur la vente d’un appartement loué, la compréhension de ces indices peut aussi jouer un rôle dans la valorisation de ton actif — notamment si un locataire professionnel occupe les lieux.
Les pièges à éviter avec l’indice ILAT
Ne pas vérifier le trimestre de référence
C’est l’erreur numéro 1. Certains baux mentionnent vaguement « l’ILAT en vigueur » sans préciser le trimestre de référence. Ça crée des litiges. Exige toujours que la clause d’indexation précise clairement le trimestre de référence initial.
Oublier les plafonnements légaux
La loi Pinel de 2014 a introduit un mécanisme de plafonnement pour les baux commerciaux. Mais pour les baux tertiaires régis par l’ILAT, les règles sont différentes — la variation de l’indice s’applique en principe sans plafond. Ce qui peut être douloureux dans les années de forte inflation comme on a vécu entre 2022 et 2024…
Confondre ILAT et ILC
Je le répète parce que c’est vraiment le point de friction le plus courant dans la pratique. Un bail mal rédigé qui mentionne le mauvais indice peut créer une insécurité juridique réelle pour les deux parties.
Conseils pratiques pour les preneurs à bail
Si tu es locataire d’un local tertiaire, voilà ce que je ferais à ta place :
- Lis attentivement la clause d’indexation de ton bail avant de signer ;
- Note le trimestre de référence de l’ILAT dans un coin ;
- Mets une alerte pour vérifier chaque trimestre si l’INSEE a publié de nouvelles valeurs ;
- En cas de baisse de l’indice, contacte ton bailleur proactivement ;
- Fais-toi accompagner par un avocat spécialisé ou un expert-comptable pour les baux significatifs.
Et pour les bailleurs, sachez que la transparence sur l’application de cet indice est la meilleure façon d’éviter les conflits. Les locataires professionnels sont de plus en plus informés — et c’est tant mieux pour la qualité des relations contractuelles.
D’ailleurs si tu t’intéresses aux aspects patrimoniaux de l’immobilier professionnel ou résidentiel, tu pourrais aussi jeter un oeil à notre article sur la plus-value sur résidence secondaire — les logiques fiscales se croisent parfois de façon surprenante.
L’ILAT en période d’inflation : ce qu’on a tous vécu
Entre 2022 et 2024, l’inflation a galopé — on a tous senti ça, que ce soit à la caisse du supermarché ou sur les contrats de bail . L’ILAT avait alors connu des hausses assez marquées, parfois supérieures à 5% sur un an. Des entreprises ont vu leurs charges locatives exploser, sans vraiment l’anticiper.
Ce contexte a relancé le débat sur la pertinence de ces indices. Faut-il renforcer les plafonnements ? Modifier la pondération ? L’INSEE et le gouvernement ont chacun leurs arguments. Personnellement, je pense qu’un mécanisme de lissage sur plusieurs trimestres serait plus équitable — mais ce n’est pas encore à l’ordre du jour.
Ce qui est certain, c’est que la baisse actuelle de l’ILAT en 2025-2026 apporte un peu de répit. Pour combien de temps ? Difficile à dire avec certitude.
Conclusion : l’indice ILAT, un outil à maîtriser absolument
L’indice ILAT n’est pas qu’une formule abstraite sortie d’un texte réglementaire. C’est un outil concret qui impacte directement les finances de milliers d’entreprises en France chaque trimestre. Le comprendre, c’est se donner les moyens de négocier, d’anticiper et de protéger ses intérêts — que tu sois bailleur ou preneur.
Thomas, depuis notre fameuse conversation, surveille désormais les publications de l’INSEE comme un pro. Et il a même obtenu une révision à la baisse sur un de ses baux. Ça vaut le coup de s’informer, non ?
Merci infiniment d’avoir pris le temps de lire cet article jusqu’au bout — ça compte vraiment pour moi ! Si tu as des questions, des situations particulières à partager, ou si tu veux qu’on approfondisse un point spécifique, les commentaires sont là pour ça. Et n’oublie pas : la connaissance, c’est le meilleur des leviers financiers !




